Il fait déjà nuit quand Diane passe nous chercher, moi et mes valises, on fait un tit détour par chez elle afin qu'elle prépare son sac et hop on démarre en direction de Bruxelles.
Dehors le temps n'est pas de la fête,ce qui nous motive pas du tout. On en a plus envie, on veut plus y aller à cette tournée, la seule chose que l'on désire c'est rester chacune avec sa petite vie et son chéri à Lille.
Mais on a pas tout organisé, tout payé, pour finalement tout laissé tomber.
Alors nous sommes là, sur la route, en partance pour le Forest National dans la chère Modus que nous a prêté la mère à Diane. Il est un peu plus de 23h.
Après un arrêt rapide à Pecq en Belgique pour récupérer sa carte d'identité, on fonce avec détermination en direction de Bruxelles.
La route est agitée, on est vraiment démotivée par le temps, et pour arrange le tout on se perd dans Courtrais grâce à l'intelligence des Belges qui n'indique pas leur propre capitale. Heureusement un gentil automobiliste belge nous montre la direction de l'autoroute pour se rendre à Bruxelles.
Le temps passe lentement, et même si on a pas beaucoup de route a faire, on est très préssée de poser notre tente devant la salle de concert. Malheureusement la bonne chance ne sera pas avec nous ce soir là.
Sur l'autoroute de Gand, à environ 50 km de Bruxelles, on commence à sentir des vibrations dans la voiture.
« Elles sont pourries les autoroutes belges dis donc! »
Quelques secondes plus tard les voyants du tableau de bord s'allument...
« STOP URGENCE!!! »
Que se passe t'il?
On a pas crevé tout de même?!
Non, bien pire que ça.
Le pneu arrière droit de la voiture à littéralement éclaté, plus rien, nada, niente, nothing.
Plus de pneu.
Et nous, on est là, deux jeunes de 18 et 19 ans, perdues en pleine Belgique, ne sachant que faire, ne connaissant personne en Belgique, en plein stress, paniquées...
Diane appelle le 112 en France, la personne nous donne le numéro de la police belge... Qui viendra nous sauver de notre détresse environ 15 minutes plus tard. Les deux policiers nous ont gentillement changé la roue, gratuitement, et sous la pluie.
Soulagées, et un peu rassurées, nous reprenons la route, et sur les conseils des deux policiers on s'arrête sur une aire d'autoroute pour verifier la pression des pneus.
Le reste de la route jusqu'à Bruxelles se fait sans soucis, et vers 2h du matin on rentre enfin dans cette chère ville tant espérée.
Je déplie la carte pour tenter de guider Diane, au début ca se passe plutôt bien, mais pour combler la tout on finira quand même par se perdre dans la ville, pour arriver à la salle seulement à 3h40 du matin...
Quelques fans sont déjà là, on gare la voiture, prenons les affaires et allons rapidement faire connaissance avec les jeunes filles qui sont là, dans le froid.
Après avoir bavarder quelques minutes on décide de se coucher afin d'évacuer la dose de stress accumulée durant la journée...
2 Mars 2008
Je ne me souviens plus du tout de ce qui a bien pu me réveiller ce matin là, des fans sûrement, où bien alors le froid encombrant de ce mois de Mars.
Peu importe, Diane et moi on parle un peu, puis finalement on se prend une bonne cigarette et on met la tête hors de la tente afin de dire bonjour aux nouveaux arrivants et aux gens déjà réveillés.
Il est encore très tôt, et on décide de partir en quête d'un hôtel ou station service afin de pouvoir se laver et prendre une douche.
Des boulangers nous indiquent un Formule1 pas très loin de la salle de concert. On trouve facilement, et après s'être garées dans le parking de l'hôtel, on prend un air de détérré et on va faire nos mendiantes auprès d'un gars de la réception.
Il accepte que nous prenions une douche gratuitement dans l'hôtel, il ne réchigne pas, est plutôt mignon et très sympa.
Une fois lavées et remises à neuf on le remercie chaleureusement et on retourne au Forest voir les fans.
La fin de matinée passe assez vite, et en début d'après midi on décide d'aller dans le centre de Bruxelles afin de trouver l'hôtel des garçons, renseignées par de gentilles belges un peu trop naïves.
La route se passe merveilleusement bien et c'est avec facilité que je guide Diane dans la ville, environ 15 minutes plus tard on est garée devant l'hôtel, entrain d'attendre comme de gentilles fifilles.
Comme nous sommes sympa et qu'on aime parler avec pleins de gens, on se rend devant l'hôtel.
Et là paf : vision d'horreur.
Des slims, des couleurs, des étoiles, des rayures, des losanges, et pourquoi pas des rectangles aussi ?
Moche à souhait, typique fans de TH, ça en est presque blasant.
On ignore ces clones et allons parler à certaines filles qui se sont mises un peu à part.
Environ une heure plus tard on retourne devant le Forest, par dessus le marché j'ai réalisé que j'avais oublié ma carte mémoire d'APN chez moi, que du bonheur!
Le temps passe, rapidement, les vigiles nous font bouger pour mettre les barrières, ils foutent un bordel monstre mais tout rentre vite dans l'ordre entre fans.
Le soir arrive et avec deux amies on retourne devant l'hôtel du groupe, où sont regroupés des fans, trop de fans.
Diane et moi on se met en arrière, sur des pots de fleurs.
Le Tour Bus arrive, et c'est sans grande surprise pour nous que l'on voit les garçons rentrer en « cachette » par une porte arrière de l'hôtel. Les fans et groupies hurlent dans tous les sens, tandis que nous on rigole car on se doutait bien qu'ils ne passeraient pas par la porte principale.
Enfin bref, il est pas loin de 23h, on a toutes faim, on part donc en quête d'un Quick ou d'un snack, bref un endroit pour bouffer.
Rien, tout ferme à 23heures, sauf une boutique Haggen Das. On se fait poursuivre par des gars en voiture qui font les malins, les insultes et les fuck volent dans tous les sens.
Les nerfs se font déjà ressentir.
A bout de force on trouve finalement une épicerie ouverte, hors de prix, on se ruine, mais qu'importe, on a si faim qu'on ne réfléchi pas.
On achète du saucisson, fromage, pain, gaufres etc...
Et on retourne, un peu plus en forme, devant le Forest où des groupies ont déjà débarqué et font un bordel incroyable.
En proie d'une grande faim on se rue comme des folles sur nos achats, pour finalement s'endormir vers 1heure du matin...
3 Mars 2008 : Jour Du Concert
Le réveil sonne, mais je ne l'entends pas, c'est Diane qui me réveille peu de temps après.
Il est très tôt, environ 6h du matin, on prend quelques affaires, laissant tente, sacs de couchage, couvertures, coussins et nourriture à nos voisines.
On prend l'initiative de repasser par le Formule 1 pour tenter d'avoir une autre douche gratuite, mais rien à faire; le gentil monsieur de la veille nous avait prévenues : il ne sera pas là pour nous aider aujourd'hui.
On nous indique une station essence un peu plus loin où l'on peut prendre des douches pour camionneurs parfois.
Malgré les indications du receptionniste, nous mettons du temps avant de trouver le lieu indiqué, et là une fois encore nous avons eu de la chance : les gérants ont bien voulu que nous prenions une douche gratuite qui sont d'habitude réservées aux camionneurs.
On se douche à deux pour gagner du temps et après avoir fait un plein d'essence, la voiture repare en direction de la salle. Le concert est ce soir, cette journée sera la plus longue.
Par ailleurs, le temps est glacial.
Malheureusement la roue tourne, et après s'être une fois de plus perdues dans Bruxelles, on découvre une mauvaise surprise lorsque nous arrivons devant le Forest National...
Beaucoup de fans sont arrivés depuis notre départ, 2heures plus tôt, et lorsque l'on tente de passer pour récupérer nos affaires dans la file un vigile nous empêche de passer...
On lui explique alors qu'on a dormi là depuis deux jours, que notre tente est devant, qu'on était parties se laver dans une station service, et qu'on veut seulement reprendre nos affaires et retourner à notre place.
Il comprend, mais nous explique que toutes les tentes innocupées ont été virées et enmenées.
La tension est trop forte, on craque et on fond en larmes systématiquement, voilà deux jours que nous surmontons tous les problèmes possibles et voilà que nos affaires finissent à la poubelle!
Le vigile nous laisse passer, on rejoint Mab et d'autres filles qui nous expliquent ce qui s'est passé, des vigiles du Forest ont débarqué peu de temps après notre départ et se sont permis d'enlever la moindre chose, qui traînait.
La rage nous envahit, dans notre tente il n'y avait rien d'important mais on ne peut laisser les choses se passer comme ça.
Ravagées et énervées on va gueuler auprès de certains vigiles qui nous disent que notre tente est sûrement dans la benne à ordures du Forest.
Charmant!
Ils acceptent qu'on la récupèrent, Diane se charge d'aller tout chercher (une personne est autorisée) avec l'aide d'un vigile.
Moi en attendant je parle avec la maman à Julia et sa soeur, j'suis en pleurs, j'ai envie de tout casser, des fans nous regardent de travers, ils ne doivent pas comprendre ce qu'il se passe.
Finalement je la vois réapparaître avec nos affaires en main, on est rassurées, soulagées.
L'état des affaires est moyen : il y a des raviolis sur toutes nos affaires (on avait ouvert une boite de conserve la veille au soir), tout est sale et pue, mais tout est là, c'est ce qui compte.
On plie la tente avec l'aide d'un sosie à Bill, et on retourne tout poser dans la voiture.
Les vigiles nous laissent rentrer et on retourne s'installer à notre place, avec nos amies, heureuses que tout aille un peu mieux.
On a froid, je suis de mauvaise humeur, je pleure encore, mais j'essaie de ne plus penser à rien, je parle avec les gens, on mange, on boit, on rigole, le temps passe plus ou moins vite.
Peu à peu des fans grujent et s'installent dans le premier Box de la fil d'attente, et au lieu d'être environ 200, on se retrouve pas loin de 500...
Les filles et moi on ne bouge pas de la journée, on reste assises pour éviter les malaises dans la salle... L'heure d'ouvrir les barrières approche, le stress monte peu à peu, tout comme le froid irritant qui nous envahit depuis le matin même...
« C'est Ok on ouvre! »
A partir de là, pas de pitié, jsuis une des première à mfaire fouiller et à rentrer dans la salle, je descends les escaliers, je cours, je cours, j'attends pas Diane, je lui garderais sa place.
Je rentre enfin dans la fosse, je les aperçois toutes regroupées du côté de Tom, nous on préfère Georg, je regarde dans sa direction : personne!
J'en crois pas mes yeux, mais je cours encore et encore.
J'arrive la première à la barrière, quelques secondes après une fille arrive, on est pliées de rire et éssouflées, on est si heureuses qu'on se serre la main et on se dit nos prénoms. Je crois avoir oublié le sien d'ailleurs...
Je m'agrippe et ne bouge plus, je me retourne et aperçois Diane qui rentre dans la salle et fonce du côté de Tom -_-', je l'appelle, j'aime pas crier. Finalement elle comprend qu'elle est pas du bon côté, elle se remet à courir pour s'arrêter quelques secondes plus tard en voyant qu'on est que deux à la barrière Georg ^^.
En me rejoignant on se serre dans les bras complètement mortes de rire et super heureuses d'être enfin à ce premier concert de la tournée...
Tous nos malheurs des deux derniers jours s'estompent peu à peu, laissant place au bonheur et à la joie de les revoir enfin, on y croit toujours pas, on ne réalise pas qu'ils seront enfin de nouveau là avec nous, si proches...
L'attente passe vraiment vite, et les cris sont de plus en plus forts dans la salle, Diane et moi on ne dit rien, on ne crit pas, on attend, sagement, un sourire niais sur nos visages de jeunes filles...
Les lumières s'éteignent...
« Welcome in 1000 Hotels European Tour ! »
Les premiers accords de « Break Away », une lumière bleue, puis... ce rideau noir qui tombe laissant apparaître Gus, Georg et Tom...
Voilà, c'est parti, le concert commence, on chante, à voix basse, pas trop fort, on tient simplement la barrière et nos appareils photos, rien d'autre, on regarde en souriant, toujours en souriant.
Profitant de chaque seconde, de l'apparition de Bill dans le fond de la scène, juste derrière Gus. La découverte que ce concert sera en anglais et presque pas en allemand...
Puis tout s'enchaînent, les chansons, les sourires, les photos, les larmes à l'oeil, l'ambiance, les yeux envoutants de Bill.
La stupéfaction de Bill et Georg lorsqu'ils remarquent que Diane et moi on est les seules filles des premiers rangs à ne pas sauter et crier dans tous les sens, puis Georg qui nous jette son médiator juste quand les lumières s'éteignent.
Puis Final Day, 1000 Oceans, Live The Second, Love Is Dead, Reden, Scream, Sacred, Ich Bin Nich Ich, Monsoon, Rescue Me, Black,On The Edge, Rise Your Hand, Wir Stierben Niemals Aus, Geh, Don't Jump, Forgotten Chlidren, By Your Side....
Bill changeant de fringues trois fois durant le concert, mettant des tee shirt à zip derrière, ayant pris environ 20 centimètres de touffe depuis la tournée dernière, chantant en me regardant dans les yeux (han >_<), ne faisant monter personne durant le concert (tant mieux moi jdis!), délirant avec Georg et les deux autres.
Tom et Gus faisait un peu la gueule malheureusement, la main chaude de Georg m'a redonné toute ma force de vivre durant le rappel et ma joie ne s'est toujours pas dissippée!
Le concert se finit sous un ras de marée de paillettes encore plus impressionant que la tournée 483 Live, on ressort des étoiles pleins les yeux, moi des paillettes pleins les mains, de la joie de malade dans le coeur et une envie de leur gueuler qu'on les aime et que ce concert fut formidable.
En sortant on fonce à l'hôtel, ils arrivent rapidement, il y a beaucoup de fans qui les attendent, pas grave, on se remet sur nos poteaux et on les regarde passer, tranquillement, contentes du concert.
On va manger à Quick, puis on retourne devant l'hotel parler avec des amies, il commence à neiger, c'est sublime, puis on décide de ne pas attendre la sortie des garçons, on fait coucou aux filles, on grimpe dans la voiture, un sourire de folle au visage.
Le contact est mis, direction Strasbourg....
Quinny*


